Une levée de fonds est une étape délicate pour une entreprise démontrant un fort potentiel de croissance. Ces entreprises sont particulièrement avides de liquidités pour assurer leur croissance. Aussi est-il primordial de chiffrer correctement les ressources nécessaires à leur bon fonctionnement en tenant compte de leur forte croissance sur l'année à venir.

Compte tenu de l'importance des sommes mises en jeu et des paris sur la croissance estimée, la levée de fonds peut s'avérer longue. Par conséquent, l'entreprise doit posséder suffisamment de liquidités pour tenir jusqu'à l'arrivée des fonds souhaités.
Les dirigeants doivent donc s'armer de patience et choisir les bons financeurs parmi les nombreux capitaux-risqueurs.


   Capital de proximité, Business Angel ou capital-investisseur ?

L'entrepreneur trouve généralement les premiers fonds qui vont lui permettre de financer son projet auprès de sa famille ou de ses amis. C'est ce que l'on appelle le capital de proximité. Des avantages fiscaux existent pour les personnes souscrivant au capital de sociétés.
Les Business Angels interviennent également en amont dans le processus de financement du projet, généralement avant que celui-ci soit attrayant pour les professionnels du capital-risque. Ils sont majoritairement d'anciens entrepreneurs qui investissent leurs propres fonds à la recherche d'une forte espérance de gain.

Pour aborder un capital-investisseur, il faut choisir parmi les presque 200 sociétés françaises qui interviennent à tous les stades de financement d'une entreprise, de sa création jusqu'à sa transmission.
Des guides sur les sociétés de capital-investissement permettent à l'entrepreneur de faire son choix parmi les investisseurs potentiels à contacter en fonction des différents critères d'investissement :

 l'Annuaire des membres de l'AFIC (Association Française des Investisseurs en Capital),
 le Guide des sociétés de capital-investissement (Editions du Management),
 Capital-investissement, guide annuaire des professionnels du haut de bilan (Edité par la revue Capital Finance),
 EVCA Yearbook (European Venture Capital Association).
L'annuaire des participations de CDC Entreprises liste en outre les principaux fonds français

Pour des start-ups qui présentent des projets de développement à l'international et qui justifient de faire appel à des capitaux étrangers, il est préférable de rentrer en contact avec des investisseurs capables de les mettre en relation avec d'autres investisseurs européens ou américains.

   En combien de temps ?

  Phase d'approche

Le capital-investisseur émettra un premier avis rapidement entre quinze jours et un mois. Si celui-ci est positif, l'entrepreneur et le capital-investisseur rentrent dans une phase beaucoup plus longue qui peut durer plusieurs mois au cours de laquelle ce dernier va chercher à tout connaître du projet.
  
La phase d'approche, c'est-à-dire celle où vous allez prendre contact avec le capital-investisseur, lui envoyer votre Business Plan et avoir une première réponse de sa part, est relativement rapide.


   Phase d'étude approfondie

Si la réponse est positive, vous entrez alors dans une phase beaucoup plus longue, qui peut durer jusqu'à neuf mois, et durant laquelle le capital-investisseur va chercher à tout connaître de votre projet : cette phase est incertaine pour l'entrepreneur comme pour le capital-investisseur car, tant que l'argent n'est pas là, le "deal" n'est pas fait.
Il est donc important pour vous de savoir de combien de temps vous disposez : avez-vous besoin d'argent dans trois mois, dans six mois ou dans un an ?
Le capital-investisseur déteste être pressé par le temps pour investir même si le financement de nouvelles technologies nécessitent aujourd'hui des réponses rapides (de 1 jour à deux mois). Il est également important que vous puissiez montrer un calendrier précis des opérations au capital-investisseur : à partir du moment où l'argent sera apporté, à quoi va-t-il être consacré, selon quel échéancier ?
Si par exemple vous avez un projet dans la distribution commerciale et que votre surface de vente risque de n'être pas disponible à la date où l'argent sera apporté, le capital-investisseur ne vous prendra pas au sérieux.

Le meilleur conseil que vous puissiez retenir dans ce domaine est donc le suivant : plus vous montrerez que votre projet est opérationnel, plus le capital-investisseur sera enclin à traiter votre dossier rapidement.

En résumé, quelques conseils pour réussir votre "mariage" :
 
 Vous pourriez le prendre pour un requin.
Il pourrait vous prendre pour un idéaliste.
Rendez votre relation moins passionnelle.

 Vous avez le nez dans le guidon.
Il a du recul.
Sachez profiter de ses conseils et lui parler de vos problèmes.

 Vous devez lui présenter des comptes.
Il doit rendre des comptes à ses investisseurs.
Organisez un reporting de qualité.

 Vous avez mis toute votre vie dans votre projet.
Il reçoit une proposition par jour.
Faites un dossier percutant.

 Vous voulez faire fortune.
Il exige une forte rentabilité.
Convainquez-le qu'il y a beaucoup d'argent à gagner ensemble.

 Vous aimez le contact humain et discuter le bout de gras.
Il aime les données chiffrées.
Ne perdez pas votre temps et préparez les réunions.

 Vous êtes pressé de faire aboutir les négociations.
Il a tout son temps pour étudier le dossier.
Etablissez un planning.

 Vous êtes le boss.
Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables.
Les stock-options ont du bon pour associer le Management.

 Vous pensez en terme de pouvoir.
Il pense au contrôle.
Il y a du bon dans la SA à Directoire et Conseil de surveillance.

 Vous pensez : les financiers ne comprennent rien à l'industrie.
Il pense : vous ne comprenez rien à la finance.
Etes-vous faits pour vous entendre ?

 Vous pensez : je lui ai fait gagner plein d'argent.
Il pense : sans moi, il n'en serait jamais là.
L'union fait la force.

Ne vous considérez donc pas comme la future victime d'un prédateur mais comme un entrepreneur qui va faire gagner de l'argent à ses actionnaires.


   Les "Due Diligence" et les personnes qui les conduisent

Lorsque vous êtes parvenus à un accord préalable sur les termes et les conditions de l'investissement, le capital-investisseur commence ce qu'il appelle les Due Diligence. Celles-ci commencent avant que vous soyez parvenus à un accord définitif et souvent avant que le capital-investisseur ait signé une lettre d'engagement.
Le terme de Due Diligence signifie simplement que l'investisseur doit faire certaines vérifications sur l'équipe dirigeante, compléter son étude du secteur, et vérifier ce qui est écrit dans votre Business Plan et analysé le risque lié à l'investissement.

L'importance des Due Diligence dépend du type de situation rencontrée. S'il s'agit d'un investissement dans une start-up, l'étude immobilière et les audits comptable, juridique et fiscal n'ont évidemment pas de sens. Dans le cas d'une acquisition d'entreprise la garantie d'actif et de passif qui sera délivrée par le vendeur et la contre-garantie qui y sera attachée pourront permettre de limiter l'étendue des Due Diligence.
Généralement, les Due Diligence se décomposent en une phase "légère", au cours de laquelle le capital-investisseur lui-même vérifie un certain nombre de points généraux, et une phase "lourde" pour laquelle il mandate des conseils spécialisés pour valider des points précis.


   Comment un investisseur évalue-t-il financièrement une entreprise ou un projet ?

L'évaluation d'une entreprise, c'est la bouteille à l'encre du capital-investisseur.
En effet, si le capital-investisseur est capable de justifier le prix de sa participation quand il l'a vendue, les règles d'évaluation qu'il va utiliser pour son entrée dans le capital d'une entreprise ne sont ni précises, ni constantes.
Elles ne sont pas précises parce qu'il y a autant de méthodes que d'investissements et de capital-investisseurs. Ceux-ci en général intègrent, pondèrent différentes formules afin de construire leur proposition.
Le
Taux de Rendement Interne (TRI) mesure la performance de l'investissement. Il détermine la rentabilité annuelle d'un investissement, c'est-à-dire sa rentabilité prévisionnelle si le décaissement n'a pas été effectué, ou sa rentabilité réelle si la sortie de l'investissement a été débouclée.

La détermination du TRI prévisionnel est un exercice délicat dans la mesure où il faut maîtriser le nombre d'années de détention de la participation et évaluer le prix de sortie.
Il faut distinguer la valeur pre money de la valeur post money de l'entreprise. En termes financiers, le projet a une valeur dite pre money avant l'apport de l'investisseur. Une fois cet apport réalisé, la nouvelle valeur, dite post money, est égale à la valeur pre money plus l'apport de l'investisseur.

Les méthodes d'évaluation les plus couramment utilisées par les capital-investisseurs sont :
 La méthode de rentabilité
 La méthode des Cash Flows

Ces méthodes traditionnelles ne peuvent convenir à l'évaluation de société technologiques dont l'appréciation financière est arbitrée in fine par les industriels lors de leur rachat ou par une introduction en Bourse.

Texte extrait de "Tout savoir sur le capital-risque", Gilles MOUGENOT, éditions City & York
Mise à jour réalisée par l'APCE